Friday, June 20, 2014

L'été et l'automne au Cercle des Amitiés internationales

Après la très belle soirée d'hier 19 juin à Penthes ( merci à Hervé Arot de nous avoir amené ce conférencier passionnant, M. Stéphane Benoît Godet, Rédateur en Chef de "Bilan" ), je voulais d'abord remercier les Membres sortants du Comité (Madame Viviane Guerdan, M. Aymon Lullin et l'Ambassadeur Loretan) et souhaiter la bienvenue aux nouveaux Membres :

- Madame Marie-Christine Knoepfli
- M. Jacques Werner
- Mademoiselle Caroline Roy.

Comme suite à notre Assemblée générale, vous propose les activités suivantes du Cercle

mardi 8 juillet à 14 h. 30, Visite guidée par le Docteur Gérald d'Andiran de l'exposition "Alexandrie la Divine" à la Fondation Bodmer.
Nombre maximum : trente personnes. En cas de grande affluence, le Dr. d'Andiran serait prêt à organiser une seconde visite

jeudi 25 septembre à 18 h. 30 au Cercle de la Terrasse, accueil puis à 19 h. conférence de M. Jacques Werner sur l'arbitrage

mercredi 11 décembre, la désormais traditionnelle Fondue aux Bains des Pâquis...

Par ailleurs, nous prévoyons d'organiser avec l'Association Genève-Asie (AGA), présidée par Olivier Turrettini :

- un déjeuner le lundi 16 septembre à la Mère Royaume avec M. Richard Wehrly, Correspondant du Temps, sur la Thaïlande et l'Asie du Sud-Est

- le mardi 30 septembre après-midi une visite de l'EPFL ("Learning Center") avec un spectacle japonais exceptionnel. Départ de Genève vers 15 h. 30
Le spectacle est unique : ce sont les marionnettes "Bunraku" qui ne sortent pratiquement jamais du Japon, selon notre ami Philippe Neeser

- le mardi 21 octobre un déjeuner à la Mère Royaume avec le Professeur Alessandro Monsutti sur l'Afghanistan. C'est un jeune Professeur du "Graduate Institute" de Genève, qui a fait de nombreuses publications basées sur des recherches sur le terrain en Afghanistan, Iran et Pakistan.

Retenez ces dates ! Vous recevrez dans la seconde quinzaine d'août des informations supplémentaires.

Michel Veuthey

Wednesday, May 21, 2014

CERCLE DES AMITIES INTERNATIONALES, GENÈVE
Fondé en 1920
vous prie d’assister à une soirée
Le jeudi 19 juin 2014 à 18h 30  
Au Château de Penthes
18 chemin de l'Impératrice – 1292  Pregny  Chambésy
avec                               
                    M. Stéphane BENOIT-GODET
                                   Rédacteur en chef du Magazine  Bilan
qui donnera une conférence sur
             «Médias: qui gagnera la révolution numérique ?»
18 h. : Accueil
18 h. 30 : Assemblée Générale
19 h. 00 : Conférence
20 h. 30 : Dîner: Restaurant des Cent-Suisses
Prix : pour les Membres du Cercle: CHF 70.-
 pour les non-membres: CHF 80.-
Inscriptions: jusqu’au samedi 12 juin 2014, CP 2096, 1211 Genève 1
 par courriel à: cercleamities@bluewin.ch
ou éventuellement au téléphone +41 79 777 00 50
Prière de noter que seul le versement au CCP 12-2320-5 confirmera les inscriptions.
(IBAN de notre CCP : CH64 0900 0000 1200 2320 5)
     http://cercleamitiesinternationales.blogspot.com/
                         
 
                                            STEPHANE BENOIT-GODET


Stéphane Benoit-Godet, né en 1970, est un journaliste français, rédacteur en chef du bimensuel Bilan (groupe Tamedia), principal magazine économique de Suisse romande édité à Genève.

Il a été nommé à ce poste le 1er septembre 2006, après en avoir été le rédacteur en chef adjoint pendant 3 ans.

Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève (1995) et Le Temps (1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003).

Juriste de formation, Stéphane Benoit-Godet a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III où il a obtenu un DEA de théorie juridique.

Dans le cadre de partenariats avec le magazine Bilan, Stéphane Benoit-Godet participe à des émissions de radio avec la RTS et One FM et anime également de nombreuses conférences.

Stéphane Benoit-Godet est par ailleurs formateur au Centre romand de formation des journalistes et à la HEG Genève dans le cadre du Master en Luxe.




www.bilan.ch/stephane-benoit-godet/redaction-bilan/bilan-aime-web

« Vous aimez Bilan sur le papier? Prolongez le plaisir sur le web comme près de 150 000 internautes chaque mois. Depuis début 2013, nous avons intégré le digital dans notre stratégie. Pour Bilan, qui fête ses 25 ans cette année, l’axe majeur reste notre version papier. Nous ne pensons pas «web first», nous réfléchissons «web next»…



Monday, April 21, 2014

Russie - USA - Dr. Daniel Warner - 14 mai 18 h. 30 à Penthes

LE CERCLE DES AMITIES INTERNATIONALES, GENÈVE
Fondé en 1920  
vous prie d’assister à une soirée
Le mercredi 14 mai  2014 à 18h 30  

                                              Au Château de Penthes

18 chemin de l'Impératrice – 1292  Pregny  Chambésy
avec

                                        Monsieur Daniel Warner

Directeur adjoint des relations internationales
du Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF)
qui donnera une conférence sur
« Les nouvelles relations entre les États-Unis et la Russie »

18h30 : Accueil
19h00 : Conférence
20h30 : Cocktail dînatoire
Prix : pour les Membres du Cercle : CHF 70.-
 pour les non-membres : CHF 80.-
Inscriptions : jusqu’au samedi 10 mai 2014, CP 2096, 1211 Genève 1
 par courriel à : cercleamities@bluewin.ch
ou éventuellement au téléphone +41 79 777 00 50
Prière de noter que seul le versement au CCP 12-2320-5 confirmera les inscriptions.
(IBAN de notre CCP : CH64 0900 0000 1200 2320 5)
     http://cercleamitiesinternationales.blogspot.com/ 
                                  

                                                 Daniel Warner
Citoyen américain et suisse, M. Daniel Warner a obtenu un baccalauréat en philosophie au Collège Amherst aux États-Unis et un doctorat ès sciences politiques de l'Institut Universitaire de Hautes Études Internationales à Genève. Sa thèse sur l’éthique dans les relations internationales ( « An Ethic of Responsibility in International Relations ») a reçu le prix « Marie Schappler » par la Société Académique de Genève en 1991.
Le Dr. Daniel Warner a donné des conférences et publié de nombreux ouvrages sur le multilatéralisme, la politique étrangère des États-Unis, l'éthique, les réfugiés et le droit international, entre autres. Auteur et éditeur de onze livres et articles, son travail a été traduit en arabe, en azéri, en français, en allemand, en persan et en russe. Il a enseigné dans des universités prestigieuses comme à Oxford, à Cambridge, à Harvard, à Yale, à l'Université d’État de Moscou, à l'Université de Tokyo et  à la Sorbonne.
Il est un commentateur régulier à la télévision et à la radio dans le monde entier.   Conseiller à l'Organisation Internationale du Travail (OIT), au Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) et à l'OTAN et consultant pour les Ministères suisses des Affaires étrangères et de la Défense et dans le secteur privé.
M. Warner a créé le Programme pour l'étude de l'organisation internationale en 1994 à l'Institut Universitaire de Hautes Études Internationales,  où il a été adjoint du Directeur. Parmi ses activités, on peut mentionner l'organisation des cours de formation pour les jeunes de 27 pays.
Depuis sa retraite de l’Institut des Hautes Etudes Internationales, en 2010, Daniel Warner est  le Directeur adjoint pour les  internationales au Centre de Genève pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF), une fondation internationale créée en 2000 l’initiative de la Confédération suisse et qui contribue à renforcer la gouvernance du secteur de la sécurité.

Le Professeur Warner a reçu en 2010 la Médaille d’or du Forum de Crans Montana pour ses contributions exceptionnelles à la paix.

http://www.dcaf.ch/Person/Daniel-Warner
             LE CERCLE DES AMITIES INTERNATIONALES, GENÈVE
Fondé en 1920  
vous prie d’assister à une soirée
Le mercredi 14 mai  2014 à 18h 30  

                                              Au Château de Penthes

18 chemin de l'Impératrice – 1292  Pregny  Chambésy
avec

                                        Monsieur Daniel Warner

Directeur adjoint des relations internationales
du Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF)
qui donnera une conférence sur
« Les nouvelles relations entre les États-Unis et la Russie »

18h30 : Accueil
19h00 : Conférence
20h30 : Cocktail dînatoire
Prix : pour les Membres du Cercle : CHF 70.-
 pour les non-membres : CHF 80.-
Inscriptions : jusqu’au samedi 10 mai 2014, CP 2096, 1211 Genève 1
 par courriel à : cercleamities@bluewin.ch
ou éventuellement au téléphone +41 79 777 00 50
Prière de noter que seul le versement au CCP 12-2320-5 confirmera les inscriptions.
(IBAN de notre CCP : CH64 0900 0000 1200 2320 5)
     http://cercleamitiesinternationales.blogspot.com/ 
                                  

                                                 Daniel Warner
Citoyen américain et suisse, M. Daniel Warner a obtenu un baccalauréat en philosophie au Collège Amherst aux États-Unis et un doctorat ès sciences politiques de l'Institut Universitaire de Hautes Études Internationales à Genève. Sa thèse sur l’éthique dans les relations internationales ( « An Ethic of Responsibility in International Relations ») a reçu le prix « Marie Schappler » par la Société Académique de Genève en 1991.
Le Dr. Daniel Warner a donné des conférences et publié de nombreux ouvrages sur le multilatéralisme, la politique étrangère des États-Unis, l'éthique, les réfugiés et le droit international, entre autres. Auteur et éditeur de onze livres et articles, son travail a été traduit en arabe, en azéri, en français, en allemand, en persan et en russe. Il a enseigné dans des universités prestigieuses comme à Oxford, à Cambridge, à Harvard, à Yale, à l'Université d’État de Moscou, à l'Université de Tokyo et  à la Sorbonne.
Il est un commentateur régulier à la télévision et à la radio dans le monde entier.   Conseiller à l'Organisation Internationale du Travail (OIT), au Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) et à l'OTAN et consultant pour les Ministères suisses des Affaires étrangères et de la Défense et dans le secteur privé.
M. Warner a créé le Programme pour l'étude de l'organisation internationale en 1994 à l'Institut Universitaire de Hautes Études Internationales,  où il a été adjoint du Directeur. Parmi ses activités, on peut mentionner l'organisation des cours de formation pour les jeunes de 27 pays.
Depuis sa retraite de l’Institut des Hautes Etudes Internationales, en 2010, Daniel Warner est  le Directeur adjoint pour les  internationales au Centre de Genève pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF), une fondation internationale créée en 2000 l’initiative de la Confédération suisse et qui contribue à renforcer la gouvernance du secteur de la sécurité.

Le Professeur Warner a reçu en 2010 la Médaille d’or du Forum de Crans Montana pour ses contributions exceptionnelles à la paix.


http://www.dcaf.ch/Person/Daniel-Warner

Sunday, April 6, 2014

14 mai au Château de Penthes : "Les nouvelles relations entre les USA et la Russie" (D. Warner)


Deux dates à retenir :

1. Mercredi 14 mai à 18 h. 30 au Château de Penthes


Daniel WARNER
"Les nouvelles relations entre les Etats-Unis et la Russie"


Inscriptions :  cercleamities@bluewin.ch

2. Jeudi 19 juin, également au Château de Penthes, 

Assemblée générale annuelle,
suivie d'une conférence du Rédacteur en Chef de BILAN

Inscriptions :  cercleamities@bluewin.ch

Wednesday, March 19, 2014

Invitation pour jeudi 20 mars

C'est demain jeudi 20 à 16 h. que le Professeur Rémi BRAGUE vient parler au Palais des Nations (Bibliothèque) de son livre "Le propre de l'homme". Merci s'inscrire encore aujourd'hui

L'inscription à cet événement est obligatoire pour les personnes qui n'ont pas de badge leur permettant d'accéder au Palais des Nations.

Les personnes intéressées sont invitées à s'inscrire en ligne d'ici à ce soir 19 mars 2014 au plus tard :

http://www.unog.ch/80256EE60057D930/httpConferenceRegistrationForm?OpenForm&unid=4DF8FD07F989BE12C1257C93005420B4

Monday, March 17, 2014

Mercredi 2 avril à 18 h. 30 Le Président du Conseil des Droits de l'Homme

       LE CERCLE DES AMITIES INTERNATIONALES, GENÈVE
Fondé en 1920  
vous prie d’assister à une soirée
Le mercredi 2 avril 2014 à 18h 30  
Au Cercle de la Terrasse
Rue Jean-Gabriel Eynard 4 – 1205 Genève
avec 
S.E. Monsieur Baudelaire NDONG ELLA
Ambassadeur du Gabon auprès des Nations Unies à Genève
Président du Conseil des Droits de l’Homme
qui donnera une conférence sur :
« Perspectives sur la 25e session
du Conseil des Droits de l’Homme
(3 – 28 mars 2014)
par son Président »
       
19h00 : Conférence
20h30 : Cocktail dînatoire
Prix : pour les membres du Cercle : CHF 60.-
 pour les non-membres : CHF 70.-
Inscriptions : jusqu’au samedi 29 mars 2014, CP 2096, 1211 Genève 1
     par courriel à : cercleamities@bluewin.ch
         par téléphone: 079 777 00 50
Prière de noter que seul le versement au CCP 12-2320-5 confirmera l’inscription
(IBAN de notre CCP : CH64 0900 0000 1200 2320 5)
http://cercleamitiesinternationales.blogspot.com

AMBASSADEUR BAUDELAIRE NDONG ELLA

Baudelaire Ndong Ella, Représentant Permanent du Gabon auprès des Nations Unies à Genève depuis mai 2011, est actuellement Président du Conseil des Droits de l’Homme depuis cette année.

Avant sa nomination à Genève, M. Ndong Ella avait servi comme Ambassadeur et Représentant permanent adjoint du Gabon auprès de l’Union Africaine (UA),  à Addis-Abeba, depuis novembre 2009.

De 2007 à 2009, il avait été Chargé d’affaires à l’Ambassade du Gabon en Éthiopie, à la Mission Permanente de l’Union Africaine, à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et pour le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Diplomate de carrière, M. Ndong Ella a occupé divers postes au Ministère des Affaires étrangères, notamment comme Ambassadeur et Directeur général adjoint pour la coopération internationale.

M. Ndong Ella a une maîtrise en droit international de l’Université de Nantes, un diplôme de l’ENA  du Gabon, une maîtrise en droit public de l’Université Omar Bongo au Gabon et un baccalauréat en droit public de la même université.

Il est né le 9 mai 1967 à Oyem, au Gabon, est marié et père de cinq enfants.

LE CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES

Le Conseil des droits de l'homme est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 Etats élus par l’Assemblée générale.

Le Conseil a été créé par l’Assemblée générale le 15 mars 2006, pour succéder à la Commission des Droits de l’Homme.

Le Conseil des Droits de l’Homme tient trois sessions ordinaires annuelles à Genève, en mars, en juin et en septembre. Pour en savoir davantage :

Wednesday, February 5, 2014

Cercle des Amitiés Internationales - Rencontres du Lundi    
Programme du 20 janvier au 14 avril 2014 
Tous les lundis de 18 à 20 h. et c'est quasiment gratuit... 
dans le cadre unique de la Villa Rigot 
à coté de la Place des Nations, 
entre l'Avenue de la Paix et l'Avenue de France



Tuesday, February 4, 2014

« Violences Religieuses en Asie : Anciennes et Nouvelles Dynamiques » par MM Mohamedou


« Violences Religieuses en Asie : Anciennes et Nouvelles Dynamiques » 


Conférence devant l’Association Genève-Asie
et
le Cercle des Amitiés Internationales

Genève, mercredi 29 janvier 2014

Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou
Graduate Institute et Geneva Centre for Security Policy

« Violences Religieuses en Asie : Anciennes et Nouvelles Dynamiques »

Bonsoir.
Chers amis, chers collègues, Mesdames et Messieurs, merci pour votre chaleureux accueil et votre aimable présence.

Je suis particulièrement heureux d’être parmi vous ici ce soir, et je voudrais, avant toute chose, remercier l’Association Genève Asie ainsi que le Cercle des Amitiés Internationales pour leur aimable invitation. Celle-ci m’honore grandement et je me réjouis de cette opportunité qui m’est donnée d’intervenir devant une telle assemblée, qui a une longue et riche histoire. Je remercie en particulier les présidents des associations, M. Olivier Turrettini et M. Michel Veuthey,  pour leur amabilité et pour cette initiative.

C’est avec un réel plaisir que je voudrais sur cette thématique qui a été retenue — « Violences Religieuses en Asie : Anciennes et Nouvelles Dynamiques » — partager avec vous quelques brèves observations afin, je l’espère, de nourrir une réflexion dans cet Esprit de Genève qui nous est commun (et dans, donc, ce lieu particulièrement approprié) ; une réflexion qui sera également nécessairement continue et ouverte, sur une question qui est présente autour de nous, de façon à la fois diffuse et circonscrite, immédiate et distribuée sur une plus longue période, et qui est malheureusement dans l’actualité de notre époque de façon prégnante.
Je rencontre cette thématique de radicalisation régulièrement dans mes recherches académiques depuis une vingtaine d’année sur la violence politique, le terrorisme transnational, les transitions sociopolitiques et la formation de l’État, et c’est là une occasion bienvenue d’examiner ces aspects particuliers sur la religion ce soir.

Lorsque l’on observe le monde aujourd’hui — au-delà de cette violence politique et ce terrorisme dont j’ai fait mention — un autre type de violence, dans un autre registre, est visible, et à tendance à de plus en en plus dominer ces animosités auxquelles nous pouvons assister. Cette réalité, cette scène, est celle que je voudrais aborder avec vous en partageant quelques idées ancrées dans la nature de cette évolution et sa visibilité dans une aire asiatique comprise largement, notamment à l’occasion des projections transnationales de cette violence ; ces capacités qu’ont les acteurs de tous types, notamment les groupes armés, désormais de projeter leurs actions bien au-delà de leur aire d’action, à la fois de façon physique mais également de façon perceptuelle, selon par exemple la visibilité médiatique et toutes sortes de relais qu’offre la mondialisation.

Religion(s), violence(s), temporalité(s) et géographie(s) seront donc le matériau de cette charpente autant analytique que résultante d’une observation historique.

Mon point de départ est, logiquement, la religion ou plutôt les religions. En tant que série de croyances, de visions du monde, de systèmes culturels et de récits, la religion se prête, voire invite, une certaine disposition comportementale.

Rarement est-elle, n’est-ce pas, confinée à l’évanescent et au spirituel, même si paradoxalement c’est précisément là son objet fondateur, cette « contemplation de l’Éternel ».

Elle introduit, en tous les cas, des dimensions de sacralité qui sont conséquentes ; une moralité, une éthique, un mode de vie dans certains cas (on dit souvent, par exemple, et ce n’est pas forcément une exagération, que l’Islam n’est pas « simplement » une religion, c’est un mode de vie).

La religion dans sa plénitude embrasse un large éventail  d’activités sociales et de paramètres sociétaux qui englobent donc le potentiel recours à une expression radicale de ces convictions (des extrémismes qui n’iraient pas jusqu’à la violence ; brimades, exclusions, discriminations, discours haineux), d’abord, puis toujours potentiellement une expression violente de ces certitudes (je laisse de côté, ici, les rituels, cérémonies et autres initiations qui peuvent également s’illustrer par diverses formes de violence).

Aussi, si la perception ambiante à ce stade de l’histoire mondiale est que la laïcité est une valeur de plus en plus répandue internationalement, et si de larges zones de notre monde — le monde occidental et le monde asiatique notamment — vivent depuis des décennies sous le « crépuscule des idoles » ou « des dieux », selon que l’on suivra Nietzche ou Wagner, l’on ne doit pas, pour autant, perdre de vue le fait que la majorité des habitants de la planète revendique néanmoins une religiosité sous une forme ou une autre.

Selon le Global Index of Religiosity and Atheism, un rapport publié par l’Institut Gallup en juillet 2012, quelque 60% des individus à travers le monde se considèrent « religieux », avec un découpage intéressant :
82% pour les Hindous, 81% parmi les Chrétiens, 74% parmi les Musulmans et 38% chez les Juifs.

Ceci est à mettre en relation avec un déclin global de religiosité, entre 2005 et 2012, passant de 77% à 68%. (Notons que la Suisse est en deuxième position passant, selon ce rapport, de 53% à 30%, de « religiosité » donc – encore faut-il voir comment ceci est empiriquement mesuré — durant la même période 2005-2012.)

Dernier enseignement de cette étude pertinent pour cette assemblée, les deux premiers pays « athées » (qui ne conçoivent pas l’existence de divinité surnaturelle), selon les termes du rapport, se trouvent en Asie, à savoir la Chine et le Japon.

Ce n’est pas le lieu, ici, d’examiner en détails ce qui constitue une religion — et de le faire nécessairement de manière comparative — mais plutôt, comme on l’a dit, de se pencher sur les implications de ces croyances et notamment les soubresauts qu’ils génèrent et que l’on peut observer ici et là. Pour autant, il importe de saisir de façon générique la nature du sentiment religieux afin de cerner ce qui peut susciter un radicalisme en son nom.

Dans Origine et Développement de la Religion, l’orientaliste allemand Friedrich Max Müller défini en 1879 la chose ainsi : « La religion est une faculté de l’esprit qui rend l’homme capable de saisir l’infini sous des noms différents et des déguisements changeants ». Très élégante formule que cette « captation de l’infini », mais c’est en réalité bien plus souvent l’immédiat terrestre, on dira, qui informe le comportement de ceux qui usent de la religion pour projeter leur intolérance à l’égard d’autrui.
Par ailleurs, la religiosité elle-même ou le sentiment de religiosité (la croyance en une déité quelle qu’elle soit) peut également prendre des formes de spiritualité ou syncrétisme. C’est le cas, par exemple, de la foi Bahaï ou — même si on les identifie moins souvent comme tels — des Alaouites syriens  qui ont incorporé des éléments du chiisme perse, du christianisme byzantin et du panthéisme hellénistique.

Enfin, la tradition — paramètre fondamental dans cette discussion — peut et s’est souvent substituée à la religion, par simple pratiques et habitudes généralisées ou par dessein (par exemple, les Talibans en Afghanistan dont les agissements et codifications sont les résultantes de leurs propres lectures idiosyncratiques et non de la norme islamique qu’ils théâtralisent).

Dans son texte fondateur de 1897, De la Définition des Phénomènes Religieux, le sociologue français Émile Durkheim insistait de la sorte, à juste titre, sur « les faits religieux » et non « la religion ». Et c’est précisément, comme il écrit, cette « multitude de manifestations religieuses qui ne ressortissent à aucune religion proprement dite », qui sont donc des pratiques éparses dont il s’agit de voir les affinités qui peuvent naitre avec la violence et qui sont bien souvent connotées ou constituées contre les vecteurs de tolérance que l’on peut rencontrer dans toutes les religions.

Comprenons bien que la violence elle-même n’est pas, on en conviendra sans nulle naïveté ou angélisme, absente de l’éthos ou du récit des religions. Les textes sacrés des grandes religions monothéistes, pour ne citer que celles-ci, sont assurément parsemés d’illustrations où la démonstration de la foi s’illustre par quelque violence faite à quelque chose, à quelqu’un ou à soi-même.
Le Christianisme de Jésus est une religion de paix, mais le Pape Urbain II prêche la Croisade au 11ème siècle. L’Islam est une religion de tolérance, mais les conquêtes arabes du 8ème siècle ont lieu sous le sceau de la guerre sainte. Compassion pour « l’amour chrétien » et pardon pour « l’entraide musulmane », bien compris donc.

Et pourtant, violences des siècles durant autour de ces deux religions, entre elles et en leur seins — à nouveau pour ne citer que celles-ci (mais Chrétiens et Musulmans constituent à eux deux la moitié de la population mondiale). L’ancien testament hébraïque, par exemple, contient également toute sorte d’épisodes de recours à la violence (et la Torah parle de tribus « annihilées » par les Hébreux). La séquence est connue : l’altérité ouvre le chemin à la stigmatisation qui mène à l’aliénation et celle-ci à la victimisation, permettant au bout du compte la violence (qui se meut elle-même toujours en cercle vicieux de vengeances).

Plus en avant, les rencontres entre ces mêmes grandes religions, pensons bien entendu aux Croisades mais également aux guerres intestines au sein de ces religions — les schismes Sunnite-Chiite en Islam ou Catholique-Protestant en Chrétienté — offrent suffisamment d’exemples d’opposition et de radicalismes politiques et sociaux devenant existentiels du jour au lendemain et prenant la route de la violence et de l’élimination des « infidèles », « impies », « mécréants » et autres « hérétiques », quels qu’ils soient.

On trouvera également des auteurs qui soutiennent que la religion — cet « opium des peuples » — est intrinsèquement violente ou aliénatrice, ce que l’on peut entendre mais que je ne pense pas pour ma part.

Croire en une déité, quelconque, ne mène pas, il me semble, inévitablement, irrémédiablement, à l’exclusion, violente, de ceux qui ne partagent pas cette croyance. Citoyenneté et religiosité ne sont pas antinomiques. Ils n’ont, en tous cas, guère besoin de l’être. Et le radicalisme religieux est presque toujours la conséquence d’une lecture libre, et donc potentiellement déformante, et non pas d’une injonction scripturale explicite.

De fait, ces fameuses guerres dites de religion en Orient et Occident, n’ont, en réalité, fonctionnées de part et d’autres que sur un mode de « sacralisation de la guerre ». L’opposition entre Chrétienté et Islam avait ainsi eue lieu essentiellement à la faveur d’une martialité théologisée des termes de l’échange, si l’on peut dire.

Comme le rapporte le médiéviste Jean Flori, dans son ouvrage Guerre Sainte, Jihad, Croisade paru il y a quelques années : « La sacralisation de la guerre s’amplifie notablement en Orient et en Occident et la résistance des populations se colore parfois de teintes prophétiques et d’espérance en des interventions célestes… …et ceci apport[e] de nouveaux éléments de sacralité à l’usage de la violence armée lorsque celle-ci est destinée à défendre… des personnes et des bien terrestres. Les deux religions en arrivent à cette date (fin du onzième siècle) à un niveau similaire de sacralisation de la guerre ». Plus tôt, les Hébreux avaient, sur le même mode, développé la notion de Milchemet Mitzvah, une guerre lancée par un pouvoir spirituel et menée pour des intérêts religieux.

Le poids de ce passé, et il est lourd, est donc celui-ci : problème d’antinomie entre des prescriptions de paix et des comportements de guerre ; des dynamiques de rapprochement et des positions de rejet ; des tentatives de comprendre et accepter la différence et des actions d’aliénation. Mais ce passé nous révèle également les limites de cet exercice où les violences motivées par un tropisme religieux ne sont que ceci, une justification, de l’instrumentalisation, de la dénaturation — en un  mot de l’esbroufe.

La violence peut être poursuivie pour un éventail de raisons, et ceci inclus toutes sortes d’idéologies notamment religieuses. Ces vecteurs religieux peuvent aisément être un refuge pour une rationalisation (de l’épuration par exemple ; la quête des « vrais » croyants) ou une projection de volonté (Deus vult, Dieu le veut) puisqu’elles englobent un corpus de raisonnement déjà accepté par telle ou telle communauté.

L’inspiration est, ainsi, prête et se module selon les motivations des uns et des autres, et ceci met en relief en particulier le rôle des leaders religieux, comme il souligne leur responsabilité.

Cette architecture constitue, à mon sens, une psychologie commune de l’homme à travers les âges et les régions dont nous récoltons aujourd’hui les fruits vénéneux, et on a pu l’observer en Asie comme ailleurs. En résumé, la répulsion générant quelque violence a souvent résulté d’une distorsion d’éthiques religieuses explicitement ancrées dans la tolérance (à nouveau, sans forcer le trait de religions qui portent indéniablement un narratif de violence, qui est aussi dans la nature humaine).

Il ressort de cette réflexion que les chocs qui peuvent émerger dans ce contexte sont ceux de l’interprétation et de la mise en avant de lectures orientées.
Pour autant, on ne saurait minimiser des actions concrètes qui, au cours des dernières décennies, ont cumulativement abouties à ce constat que nous pouvons faire aujourd’hui d’un problématique regain d’acuité des violences religieuses.

On a ainsi beaucoup parlé de « fondamentalisme » religieux depuis les années 1980. Très précisément, au lendemain de la révolution iranienne de 1979 qui déposa une monarchie séculière (qui interdisait explicitement toute manifestation religieuse et encadrait strictement le clergé) et porta au pouvoir un régime religieux qui a mis en place dans ce pays une théocratie sous la forme d’une république islamique. À cet égard, le terme « fondamentalisme » est présent dans diverses religions. Pour précision, il a d’ailleurs été inventé par un pasteur américain, Curtis Lee Laws, à la suite d’un mouvement réformateur initié par les presbytériens de Princeton au New Jersey en 1920.

On peut alors penser qu’en corrélation avec le système communiste soviétique qui s’essouffle déjà (l’historien français Emmanuel Todd prophétise tôt sa Chute Finale — c’est le titre de son ouvrage — dès 1976), les événements à Téhéran ne sont pas « simplement » une situation régionale mais intègrent ou révèlent un début de visibilité accrue mondialement d’une relation entre crises politiques, violences ou tension et religion.

À partir des années 1980 donc l’extrémisme religieux occupe de plus en plus d’espace dans les relations internationales. Puis, au cours des dernières années, la violence religieuse a été crescendo.

Dans un rapport publié il y a quinze jours, ce 14 janvier 2014 par le Pew Research Project on Religion and Public Life à Washington, un tiers des pays de la planète (33%) connaissent une forme ou une autre de conflit religieux. De plus, cette violence a augmenté au cours des dernières années. Et, la seconde région ou cette augmentation est visible est l’Asie, précisément, l’Asie-Pacifique, précédée uniquement par le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Quelles sont les raisons pour lesquelles cette violence a lieu ? D’où vient cette évolution qui fait la part belle à l’extrémisme ?

On peut avancer plusieurs éléments de réponses.

Une première série, la plus directe peut-être, est à trouver dans des mesures concrètes qui peuvent aliéner des communautés, poussant certains de leurs membres à faire le choix de la violence. Ainsi en va-t-il des restrictions que des gouvernements particuliers posent à l’observation d’une religion. C’est notamment le cas de la Chine, mais également de la Birmanie et de l’Indonésie, et ceci crée ou nourrit des hostilités.

Voyons sur d’autres versants comment les tensions entre Coptes et Musulmans se sont jouées ces dernières années, et ce, jusqu’à la veille du « printemps arabe » tout au long de l’année 2010 en particulier, ou, plus vers l’Asie, les Chrétiens et Assyriens en Irak, ou ceux aujourd’hui en Syrie.

Au-delà de cette dimension de « rejet radicalisant » on dira, je vois trois grandes raisons pour ce regain contemporain de violences religieuses.

La première concerne la période de l’Histoire dans laquelle nous nous trouvons. Nous l’avons dit, la violence religieuse vient de loin. Mais, il semblerait qu’elle soit en augmentation, si l’on en croit les chiffres cités, ce qui voudrait également dire qu’elle a connu une période ou elle était moins importante, ou en tous cas moins visible. Si cela était le cas, je pense que l’inévitable réponse serait donc à situer dans la rupture qu’a marquée la fin de la Guerre Froide.

Lorsqu’en 1993, le politologue Samuel Huntington publiait un article dans la revue Foreign Affairs intitulé « Choc de Civilisations ? » dans lequel il affirmait que la fin de la guerre froide annonçait le début d’une ère qui serait marquée par la montée des tensions entre les différents groupements culturels, une levée de boucliers générale condamnait un tel alarmisme culturel.

(Je me trouvais à Harvard à cette époque en tant que jeune post-doctorant et ai eu l’occasion à la fois de suivre de près cet épisode et de m’entretenir longuement avec le professeur américain.)

Pourtant, si l’on met de côté le procès médiatique du « choc de civilisations » et l’instrumentalisation politicienne de ce qui n’est qu’une théorie de sciences politiques (s’inscrivant dans la lignée métahistorique d’Ibn Khaldoun, Arnold Toynbee, Fernand Braudel, Oswald Spengler et Immanuel Wallerstein) par les extrémistes en Occident comme en Orient (très ironiquement à la fois Al Qaeda et l’administration Bush s’y réfèrent dans leurs déclarations respectives), une certaine utilité analytique émerge de ce constat.

Que disait Huntington en substance ?

Définissant les civilisations comme des entités culturelles, il avance d’abord l’argument que les relations internationales sont, depuis la fin de la Guerre Froide, entrées dans une nouvelle phase dans laquelle le prochain mode de conflit ne sera ni idéologique ni économique mais d’ordre culturel. Les failles entre les « civilisations » (terme vaste et élastique on en conviendra) constitueront, ensuite, les fronts de guerre du futur.

Pour lui, les nouveaux conflits ne résulteront plus d’affrontements idéologiques ou de rivalités économiques, ils seront d’ordre culturel et religieux.

De plus, le rétrécissement du monde en un village planétaire œuvrant à accentuer les différentes consciences, la domination de l’Occident — portée par les États-Unis — pousse les autres civilisations  à chercher à s’y opposer de façon non-occidentale (le sous-titre de son ouvrage est The West and the Rest).

Au final, pour certains groupes, les caractéristiques d’identités culturelles (« qu’êtes-vous ? ») ou religieuses (« en quoi croyez-vous ? ») sont, dans cette période, moins aptes à la mutation et, de fait, moins à même d’être compromises que les déterminants politiques (« de quel côté êtes-vous ? ») puisque l’opposition idéologique de type Guerre Froide appartiendrait au passé.

En réalité, Huntington introduit simplement un paradigme ancien pour analyser une situation nouvelle dans un champ de relations internationales évolutif.
L’universitaire met en avant la compétition religieuse, et l’identité civilisationnelle qui l’englobe, comme facteurs-clefs dans un agencement international au sein duquel les loyautés politiques se sont déplacées. Une analyse rigoureuse de la géopolitique du dernier quart du vingtième siècle lui donne raison, sur ce point.

On peut être ou ne pas être d’accord avec Huntington, et son déterminisme pose problème, mais le fait est que depuis la parution de son ouvrage les hostilités religieuses se greffant sur tel ou tel conflit sont devenues plus visibles que durant les décennies précédentes, et, nous dit le Pew Research Center, en augmentation statistique.

Une seconde famille de raisons qui peut, à mon sens, expliquer le regain de violences et celui de l’irrésolution de certains conflits qui peuvent désormais prêter flanc à des lectures religieuses radicales. Et ceci est également lié à cette (ré)ouverture de l’après-guerre Froide où le retour aux identités (problème tchéchène, problème kurde, problème touarègue, etc…) remet en selle des questions religieuses demeurées  irrésolues depuis la période coloniale.

Que ce soit dans les territoires autrefois contrôlés par l’empire britannique (Inde, Pakistan, Bangladesh) ou français (Cambodge, Laos, Vietnam), les tensions religieuses demeurent vives et toute nouvelle configuration de l’ordre globale peut permettre aux extrémistes de réinvestir ces questions enfouies.


Au Sri Lanka, ces dernières années des moines bouddhistes ont attaqué à la fois des églises et des mosquées. Au Vietnam, les adeptes du Caodaïsme, une religion syncrétiste née dans les années 1920, se sont récemment violemment affrontés.

De même, la répression et l’intimidation des musulmans Ouïghours en Chine dans la région du Xinjiang a pris une grande ampleur au cours des dernières années, ce qui a pu nourrir le radicalisme en leur sein (d’aucuns pensent, par exemple, que le récent attentat de la place Tiananmen en octobre dernier aurait été le fait d’extrémistes ouighours). En Birmanie, les violences interconfessionnelles entre les communautés des musulmans Rohingya et des bouddhistes Rakhine n’ont pas cessés avec des lynchages en 2012, et, globalement, l’exil de plus de 100,000 personnes.

Enfin, troisième tropisme, l’extrémisme religieux, en Asie comme ailleurs, est plus visible aujourd’hui dans des terreaux qui connaissent une forme ou une autre de transition.

À cet égard, je vous soumets l’idée que la transition est peut-être la grande matrice explicative de notre époque et que, depuis, 35 ans nous sommes, sans l’avoir peut-être assez souligné, dans une grande transition qui se donne la main de l’après-Guerre Froide à l’après-11 Septembre à, déjà, l’après-Printemps arabe.

Or, l’une des conséquences des périodes de transitions est l’ouverture du champ de compétition politique et sociale, qui peut se traduire en hostilités prenant appui dans des différences ethniques ou religieuses.

La transition post-soviétique libère ainsi toute sorte de velléités d’émancipation religieuses en Asie Centrale et au Caucase, et bien entendu aux Balkans. Les conflits de l’après-11 Septembre en Afghanistan et en Iraq sont traversés de dimensions religieuses qui, souvent, relèguent l’objet anti-terroriste au second plan. Enfin, l’après-Printemps Arabe est dominé par ce qui est en passe de devenir le grand conflit de notre époque dans une large aire allant du Levant à l’Asie en passant par le Golfe, à savoir l’opposition de plus en plus existentielle entre les musulmans Sunnites et les musulmans Chiites. Ce conflit est illustré de façon extrême en Syrie par exemple.

Voilà, chers amis, Mesdames et Messieurs, les quelques réflexions que je voulais partager avec vous sur cet important sujet et que nous devons garder à l’esprit à la fois pour mieux comprendre et cerner les manifestations de ces radicalismes, en Asie et au-delà, mais également pour nous en prévenir en préservant et cultivant ce qui est particulièrement précieux, à savoir intelligence, nuance et tolérance.

Je vous remercie pour votre attention.


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